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Paul Friederich, l'un des fondateurs du Sho Bu Kaï en 1960 (3)

Devenu immortel
Paul Friederich connaîtra ce matin le rare privilège de voir, de son vivant, son nom donné à une construction. Il pourra se lire sur le pôle socioéducatif de Nancy.

Paul Friederich : « ça montre que je n’ai pas été oublié ».
« A l'heure de la manifestation il y aura un buffet pour 200 à 300 personnes organisé par la ville de Nancy ». Elle offre à Paul Friederich, le privilège d'inscrire son nom sur le pôle socio-éducatif de l'avenue du Rhin inauguré ce matin à 11 h. Lui prépare un apéro privé au siège du shobukai de Nancy à deux pas du lycée Chopin, pour les « amis qui viennent de tous les coins de France. Je leur ai envoyé une invitation et ils m'ont répondu qu'ils viendraient parce qu'ils préféraient me voir vivant. J'ai pratiquement 84 ans », dit-il. Mais aussi la chance d'assister à son passage à la postérité.
« Ce n'est pas une finalité », concède Paul Friederich connu pour la pratique des arts martiaux, mais « j'ai avant tout été un éducateur et l'un des premiers membres des maisons de jeunes en 1938. On avait une pièce sur le cours Léopold, vous imaginez ». La jeunesse, il l'a toujours côtoyée. Notamment pendant sa carrière d'inspecteur de police. « On a formé la première brigade des mineurs en France à Nancy. On faisait de la prévention, des enquêtes sociales. Pour ma part, je faisais de l'insertion par le sport et la culture. Quand j'avais des gars, je cherchais des lieux, des clubs où ils pouvaient se ressourcer. Il faut les occuper, les encadrer. Je n'ai jamais frappé personne de ma vie ».

Pas même les « durs » qu'il arrivait à amender par le dialogue, l'encadrement et le travail.
Les choses n'ont guère changé. « Pour comprendre il faut aller sur le terrain ». La réinsertion « ce n'est pas un métier, mais un sacerdoce. J'ai réussi parfois, mais j'ai eu aussi de sacrés échecs ».

Sports de combat

Ce souci d'éduquer la jeunesse délinquante, il l'applique au sport. « J'ai débordé largement ma mission du ministère de l'Intérieur », en formant aussi les premiers maîtres nageurs de Nancy. L'athlète de haut de niveau ne s'intéresse pas seulement à la natation, mais aussi aux sports de combat. « La championnite ne m'intéresse pas, ce qui m'intéresse c'est l'homme, mais quand il devient un champion c'est mieux ». Quatre ou cinq champions de France de judo sont passés entre les mains de ce 3e dan du judo, 6e dan d'aïkido, 1er dan de Taï Kwondo et 1er dan de kung-fu.
« C'est du vent tout ça ». L'important pour Paul Friederich est d'avoir donné ce qu'il avait à partager. C'est vraisemblablement ce à quoi le conseil municipal rend hommage en donnant son nom au pôle sportif socio-éducatif de Nancy, restructuré après 12 mois de travaux. De cette consécration, Paul Friederich ne tire aucune gloire. Trop modeste. Il se contente de dire « ça montre que je n'ai pas été oublié ».